REPERTOIRE PROFANE ET SACRE

OUVRAGES LYRIQUES POUR LE THEATRE
  • DES NOTES ET DES MOTS
  • A l'instar de bon nombre de ses confrères, plusieurs casquettes : compositeur, chef d'orchestre ou de choeurs, critique, voire librettiste. N'ayant pas de fortune personnelle, il se doit de produire ... et de se produire.Ainsi, pour se délasser de l'écriture musicale, pour des raisons financières ou, véritablement, par besoin de juger les œuvres et les interprétations des autres musiciens, Gaston sera critique musical au Gil Blas. Ce grand quotidien républicain s'attache la collaboration des écrivains Guy de Maupassant, Emile Zola, des musiciens Claude Debussy, Reynaldo Hahn pour la critique musicale.L'existence du Gil Blas, fondé en 1879 et disparu en 1914, recoupe la carrière active de notre compositeur, débutée par son opéra Le Bravo en 1877, et qui s'achève en pleine Grande Guerre, en 1916.
    Le 18 juin 1900, à l'affiche du Théâtre du Châtelet, premier concert de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la baguette de Gustav Mahler. Pour couvrir cet événement musical, le Gil Blas a dépêché son critique Salvayre. Dans la salle, le Tout-Paris avec Georges Clemenceau, Anatole France, Camille Saint-Saëns...
    Mahler ne présente pas ses compositions, mais celles de ses glorieux aînés, Beethoven, Mozart, Weber. L'accueil est triomphal, bien que sa direction surprenne : Salvayre· dira son étonnement devant l'interprétation fluide, peu conventionnelle de la Symphonie en sol mineur de Mozart .

  • SHAKESPEARE, GOETHE, COOPER , DUMAS
  • Issu de la capitale du bel canto, Toulouse, et sur les traces de son mentor Ambroise Thomas, Gaston Salvayre se consacre prioritairement à la composition des oeuvres lyriques profanes, opéras ou opéras-comiques. L'importance sociale de l'opéra, notamment auprès du public bourgeois, est immense.
    C'est aussi le siècle d'or du mélodrame. L'opéra se met au diapason et exploite les faits historiques, les amours tragiques avec leurs doses de trahison et complots en tous genres. Les sujets sont choisis dans la littérature en vogue du moment : Goethe, Dumas ... Shakespeare, avec ses caractères très humains, ses héros pleinement responsables de leurs actes, séduit tellement que plusieurs compositeurs s'attaquent au même sujet. Ainsi Roméo et Juliette, Hamlet, Othello, Richard III qu'exploitera Salvayre.
    Plus surprenant et pour rester dans la littérature anglo-saxonne, grand succès pour les romans de l'Américain Fenimore Cooper, le 'père' du célèbre 'Dernier des Mohicans' (dont Adolphe Adam tirera un ballet) : Salvayre fera partie de la brochette des six compositeurs européens dont Mercadante, séduit par le roman de Cooper 'Le Bravo', qui a pour cadre la Venise de la Renaissance sous le pouvoir extravagant des Doges.
    Fort de son Grand Prix de Rome, Salvayre pourra bénéficier de tout ce qu'offrent nos Théâtres Nationaux : choeurs, orchestre, décorateurs ainsi que les plus grands chanteurs. Lui sera acquis le concours des librettistes de talent, Meilhac, Halévy, Blavet.
  • LE BRAVO
  • (BnF/Gallica)
    Opéra en 4 actes, créé le 18 avril 1877 au Théâtre National Lyrique (Théâtre de La Gaîté Lyrique).

    L'homme au masque rouge, le Bravo, va revivre sous la plume du librettiste Emile Blavet. Pour ce premier opéra de Salvayre, l'affiche est prestigieuse, réunissant les meilleurs chanteurs du moment. La critique trouve au jeune compositeur un très juste instinct du théâtre, de la facilité, peut-être trop ... Violetta, l'héroïne féminine, a la voix de Marie Heilbron, qui sera la première Manon de Massenet en 1884.
    Deux des premiers rôles masculins sont tenus par les créateurs de Carmen (1875) : le ténor Paul Lhérie (Don José) qui incarne Lorenzo de Montfort, soupirant de Violetta, et Jacques Bouhy, le baryton belge (Escamillo) est Jacopo le Bravo. La basse André Gesse chante Contarini.
  • RICHARD III
  • Grand opéra en 4 actes et 8 tableaux, Théâtre Maryinski, Saint-Pétersbourg, le 21 décembre 1883. Salvayre est joué dans la capitale russe où l'on fait appel aux grands compositeurs d'Europe occidentale, tels Verdi et Wagner. Une troupe italienne va créer sur la scène du théâtre impérial son Richard III. Tiré de Shakespeare, cet ouvrage lyrique met en scène la violence et la cruauté du pouvoir, d'après une chronique de Jean Froissart, qui avait fréquenté la cour d'Angleterre.
    French House Opera de la Nouvelle-Orléans, le 5 janvier 1895, représentation de cet opéra de notre compositeur toulousain, bénéficiant d'un livret en version anglaise . Il succédait au Werther de Massenet sur la scène de ce théâtre, situé au carrefour des rues Bourbon et... Toulouse, qui allait être administré en 1904 par F.Cazelles, futur directeur du Capitole de Toulouse en 1910.

  • EGMONT
  • Opéra en 3 actes d'après Goethe, 6 décembre 1886.
    Le comte d'Egmont, qui sacrifia sa vie pour défendre les droits des Flamands, a inspiré Goethe. Avant Salvayre, Beethoven l'a honoré avec sa musique de scène Egmont.
    Les librettistes sont deux auteurs de vaudevilles connus, Wolff et Millaud, mais la critique déplorera leur traitement du drame de Goethe au préjudice du travail du musicien, dont on reconnaît 'l'instinct de la scène, la possession du procédé dramatique, la 'patte' ... [L'Année Musicale]
    Malgré une brillante distribution (Mlles Deschamps et Isaac, MM. Talazac, Taskin, Soulacroix), cet ouvrage conçu à la mesure du vaste plateau du Palais Garnier, et relégué vers le vaisseau nettement plus exigu de l'Opéra-Comique, aura souffert de coupes et remaniements qui brisent son unité.

  • LA DAME DE MONSOREAU
  • Opéra en 4 actes et 7 tableaux, créé au Palais Garnier le 30 janvier 1888.
    Intrigues, duels et amours contrariées font la trame de cet opéra, selon le roman d'Alexandre Dumas et Auguste Maquet (qui en tirera le livret). Conçue entre février 1886 et septembre 1887, la partition de Salvayre -jugée trop longue ( 4 heures de représentation), sera rapidement boudée. De plus, ce roman de cape et d'épée avait dérangé la critique, ne jurant plus que par Richard Wagner, 'le réformateur de Bayreuth' et ses héros mythologiques.

  • SOLANGE
  • Opéra-comique en 3 actes, créé au Théâtre de l'Opéra-Comique le 10 mars 1909.
    D'après un poème d'Adolphe Aderer, sous le Consulat une jolie histoire d'amour entre Frédéric, jeune général de la République, et une noble émigrée, Solange de Beaucigny.
    Succès pour cet opéra-comique bien défendu par des chanteurs de talent, Mme Vallandri, Mlle Lassalle ainsi que MM. Francell, Allard. Décors et costumes recréent avec bonheur l'époque brillante et gracieuse de la France Consulaire.
    'M. Gaston Salvayre se présente à nous sous un nouveau jour ... nous ne connaissions que ses accents tragiques. La partition de SOLANGE a une animation extraordinaire, une franche gaieté ... Ferme d'écriture, çà et là classique au sens noble du mot ... son but est d'augmenter la puissance du dialogue, de 'colorier le dessin de la poésie'…Il a voulu que sa musique fût de la déclamation intensive, sans se préoccuper le moins du monde des esthéticiens.
    ' L'auditoire réservait bon accueil à cette SOLANGE, remplie d'agrément. Interprétation, décors, costumes, tout était à louer également ...
    [Annales du Théâtre et de la Musique ]

    Musique vocale religieuse
  • 'STABAT MATER' pour soli, choeur et orchestre
  • Stabat mater dolorosa juxta crucem lacrimosa dum pendebat Filius ... Debout, la mère des douleurs, près de la croix en pleurs, quand son fils était suspendu au bois ... Au-delà du thème religieux, la douleur universelle des mères. Une prière de vingt stances, inspirée de St François d'Assise, d'après l'Evangile selon St Jean. Depuis la Renaissance, quelque 500 musiciens, de Palestrina à Liszt, avaient déjà composé un Stabat Mater.

  • PSAUME 91 - 'BONUM EST' pour choeur et orgue

  • 'Bonum est confiteri Domino / et psallere nomini tuo Altissime ' ...'Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton Nom, Dieu Très-Haut ...' La version de Salvayre est popularisée aux Etats-Unis dans la traduction de Dudley Buck, Editions Schirmer, New-York, 1888 : ' It is a good thing to give thanks unto the Lord / and to sing, sing praises unto the name, o most Highest '

  • PSAUME 136 - 'SUPRA FLUMINA BABYLONIS'
  • Chanté par les Hébreux en captivité à Babylone, cet hymne est le chef d'oeuvre de la poésie hébraïque. D'une poignante nostalgie, il inspirera bon nombre de compositeurs de Palestrina au Breton Guy Ropartz (1897). Rappelant ce malheur historique, le fameux Va Pensiero, écrit spécialement pour l'opéra Nabucco de Verdi (1842), a la même forte connotation patriotique.

    'Supra flumina Babylonis, illic stetimus et flevimus quum recordaremur Sion ... 'Loin de la patrie, au bord des fleuves babyloniens, nous avons pleuré en évoquant Sion' . La partition de Salvayre, composée de trois parties : Lamentation - Prière - Imprécation, aura l'honneur d'être jouée dans le cadre des concerts du dimanche de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris, en mars 1883 sous la direction du maître E.M.E. Deldevez, encadrée par des oeuvres de Beethoven et Mendelssohn. A nouveau, en mars 1885, avec J. Garcin au pupitre. Les 'Annales 1883 du Théâtre et de la Musique ' estiment que 'sans être absolument originale, la Lamentation de M. Salvayre n'est certes pas sans valeur. Elle a été on ne peut mieux accueillie par le public du Conservatoire, habituellement assez rétif aux oeuvres nouvelles.'

     

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