Interprète et compositeur ... découvrir, expérimenter
Ambroise Thomas
(BnF/Gallica)
Une insatiable curiosité va l’amener à diversifier ses pratiques musicales. A Toulouse, enfant, il chante à la Maîtrise de la cathédrale St Etienne dont les compositeurs provençaux Campra et Gilles Campra et Gilles, tenants de l’italianisme, firent des Toulousains des ‘piccinistes’, les mettant ainsi dès le 18ème siècle sur la voie du bel canto ... cette tradition lyrique venue d’Italie, qui aura son temple dans la Ville Rose : le Théâtre du Capitole. furent maîtres de chapelle.

Au Conservatoire municipal, il étudie piano et violoncelle (2nd Prix). C’est là que le découvre Ambroise Thomas, directeur du Conservatoire de Paris ( le compositeur d’Hamlet et de Mignon). A Paris, l’orgue. A Rome, la mandoline.

Plus en avant dans sa carrière, il adoptera les nouveaux instruments de cuivre qui viennent enrichir le pupitre des vents.

Son style, que certains qualifieront ‘d’archaïsant’, s’est ressenti de l’enseignement conformiste prodigué au Conservatoire sous la direction de Thomas et qu’une autre génération d’élèves, les Fauré, Frank, Debussy, osera braver délibérément.

L’ORGUE
Il a pour professeur François Benoist, le grand organiste nantais, qui aura dans sa classe Massenet, Adam, Bizet, Saint-Saëns..

Son palmarès :
- 2nd accessit d’orgue, 3ème accessit de fugue,
- 2nd prix d’orgue, 2nd accessit de fugue à 20 ans, en 1867,
- 1er prix d’orgue, 1868.

LA MANDOLINE
Les fruits d’une rencontre romaine ...

Costantino Bertucci, le compositeur et virtuose prodige, est en train de donner ses lettres de noblesse à cet instrument, passablement négligé depuis le Concerto pour 2 mandolines de Vivaldi ou les pièces pour mandoline et piano de Beethoven.

Les jeunes aristocrates romains s’arrachent les leçons de ce magnifique pédagogue. Accueilli aussi bien au Vatican qu’à la cour de la Reine Margherita, ses compositions font fureur.

De Bertucci, de cinq ans à peine son aîné, Salvayre, déjà excellent violoncelliste, apprend la technique de l’instrument au point d’en jouer bientôt en virtuose.
Une amitié pour la vie s’est nouée entre le musicien romain à la simplicité cordiale et le Toulousain épris de culture latine. Ce dernier, à son retour à Paris, se mettra à composer pour la mandoline. Il contribue à faire connaître Bertucci, bientôt invité officiel de la France.

Un rayonnement mondial s’amorce pour la mandoline. Devenue instrument solo à l’égal du violon, elle sort de son rôle limité d’accompagnement de sérénades napolitaines ou autres ...

Les peintres à nouveau s’en emparent. Gauguin l’exposera à côté d’une nature morte et de fruits ... Elle sera mise en scène dans le style cubiste par Picasso et Braque. Plus tard par Juan Gris ...

MUSIQUE EN UNIFORME
Cette amitié de Bertucci n’est-elle pas à l’origine de cette mission officielle dont le royaume de Serbie va charger Salvayre : réorganiser la musique militaire du pays ?

Bertucci avait eu pour élève la princesse Margherita, avant qu’elle n’épouse le roi Umberto 1er d’Italie. Souvent invité à la cour, où est reçue la reine de Serbie, Bertucci a pu avancer le nom de son ami Salvayre, l’un des tout premiers utilisateurs des instruments à vent, récemment mis au point : d’origine française, ils viennent enrichir les orchestres militaires dont le rôle est de stimuler le patriotisme, tout en ornant les cérémonies officielles.

Autre lien 'musical' de Gaston Salvayre avec la Serbie : Moïse, le cousin de son élève et ami Isaac de Camondo, fut consul général de Serbie à Paris de 1895 à 1903.

L’OPHICLEIDE
( du grec : ophis, serpent, kleis, clé)

Salvayre lui dédie une pièce ‘Dans les bois’ et l’intègre à la musique de ses opéras à l’instar de Berlioz ou Verdi.

Une sonorité qui lui est familière puisque trois jeux d’orgue rappellent l’ophicléide : ophicléide double, ophicléide, ophicléide phonon.

Le Parisien Jean-Hilaire Asté, dit Halary, en 1821 met au point l’ophicléide - ou serpent à 9 ou 12 clés. Cet instrument à vent en cuivre, au son grave et puissant, vient renforcer les musiques militaires.

LE SARRUSOPHONE
Il aimera l’inclure dans ses partitions, notamment celle de l’opéra-comique Solange (1909).

Réalisé par Sarrus, cet instrument à vent en cuivre, de la même famille que l’ophicléide, vient d’apparaître en 1856.

 

© F-F |    Retour au sommaire | Page suivante